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Balsamaire tubulaire double
©Musée des Beaux-Arts
Balsamaire tubulaire double
©Musée des Beaux-Arts
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Balsamaire tubulaire double

Proche-Orient

La collection léguée par Camille Aboussouan comporte de nombreux petits balsamaires, témoignages de l’artisanat du verre qui se développe dans l’antiquité proche-orientale entre le Ie et le Xe siècle ap. J.-C.. Ce flacon tubulaire double doté d’anses au bleu profond et à la panse décorée de délicats filets à spirale est caractéristique du raffinement de cette production.

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste Proche-Orient
Titre Balsamaire tubulaire double
Date IVe siècle ap. J.-C.
Domaine Archéologie
Technique Verre soufflé à la volée
Dimensions H. 0.1 m - L. 0.03 m -
Numéro d'inventaire 2000.1.1

Une illustration de la verrerie proche-orientale du IVe siècle ap. J.-C.

L’artisanat du verre, déjà présent dès la fin du VIe siècle av. J.-C. dans le monde antique, offre une production de petits objets de parure et des petits flacons à parfum réalisés selon la technique de fabrication ancestrale du verre moulé sur noyau connue en Mésopotamie et en Egypte au Ier millénaire.

Bien que des légendes perdurent quant à l’origine de la création du verre, les récentes découvertes ont permis de mettre à jour la présence éventuelle d’un commerce entre l’Egypte, disposant de la matière première, le natron (un minéral), et les ateliers primaires syro-palestiniens procédant à la transformation en verre pour ensuite distribuer le matériau vers des ateliers secondaires pour la création de produits manufacturés. Ce commerce d’importation n’exclut pas l’existence d’ateliers en Europe occidentale, mais le monopole de la réalisation du verre est réservé au Proche-Orient jusqu’au milieu du IXe siècle de notre ère.

La provenance de ce flacon reste difficile à déterminer mais ses petites anses caractéristiques du style proche-oriental peuvent laisser supposer une production d’ateliers syriens.

Un balsamaire à usage cosmétique et médicinal

De manière générale, tous les petits flacons, fioles et petits pots ont un usage essentiellement cosmétique, notamment pour la conservation d’onguents, de pommades et autres parfums.

Les flacons les plus courants sont de petits balsamaires en verre bleuté ou verdâtre, à panse sphérique, bulbeuse ou piriforme. Le décor, souvent minimaliste, est constitué de filets rapportés, en dépression ou, plus rarement comme sur cet exemplaire, de filets en spirale sur toute la hauteur de la panse. Ce type de contenant renfermait certainement du khôl. Les petits bâtonnets d’os et d’ivoire servant à poser ce fard avec lesquels ils ont été découverts, notamment dans les tombes, confirment cet usage cosmétique.

Ces balsamaires occupent une place importante dans la vie quotidienne au Proche-Orient car ils sont un outil important de séduction mais pas uniquement, car le khôl, composé de sulfure de plomb, était réputé pour avoir des vertus médicinales grâce à ses propriétés astringentes et antiseptiques. Ce fard sombre protège l’œil des rayons du soleil, des inflammations et des infections liées aux piqures d’insectes. Il était utilisé par conséquent aussi bien par les femmes que par les hommes et les enfants, comme le prouvent les exemples retrouvés dans les sépultures.

Le verre soufflé à la volée, une technique ancestrale et pérenne

Cet élégant et délicat balsamaire est exécuté grâce à une technique ancienne, inventée dès 50 av. J.-C. sur la côte orientale méditerranéenne. Cette révolution dans l’art du verre permet ainsi une production sérielle.

Il s’agit de la méthode du soufflage à la volée qui perdure encore de nos jours : à l’aide d’une longue canne métallique creuse, le verrier cueille une petite quantité de verre, la paraison, qu’il uniformise en la faisant rouler sur une surface plane. Il transforme cette masse en bulle en soufflant à l’intérieur de la canne. L’objet est repris ensuite par le fond pour réaliser son orifice. La pièce sera retravaillée à l’aide de différents instruments afin de parfaire sa forme définitive. Le décor est appliqué après une lente étape de refroidissement. Le procédé d’ornementation qui a été réalisé pour ce flacon est courant : un mince filet de verre a été posé à chaud. Il adopte ici la forme d’une spirale et se déploie sur toute la longueur de la panse, mais il peut prendre aussi la forme d’un zigzag ou de simples traits horizontaux comme sur le col de cette fiole.

Le coloris bleu du décor rapporté sur cette œuvre témoigne de l’évolution de la production d’objets très colorés à partir du Ier siècle de notre ère, vers une création plus subtile de produits légèrement teintés en bleu-vert par les oxydes métalliques incorporés dans la pâte de verre.

Ce balsamaire ressemble à un flacon conservé au musée du Louvre (inv. MNC 1826) qui reprend le même dispositif à deux compartiments mais adopte un décor plus symétrique répondant aux impératifs de production en série. Cependant, il possède des anses latérales qui n’existent pas sur le flacon du musée d’Agen. Le raffinement, la délicatesse du décor rapporté sur cette dernière pièce témoignent néanmoins de la grande habileté du verrier qui a produit une œuvre d’une grande finesse.

Provenance

Collection de Camille Aboussouan, Agen, 2000 ; donation de Camille Aboussouan au musée des Beaux-Arts, Agen, 2000 ; entrée au musée des Beaux-Arts, Agen, 2000

Localisation

Rez-de-chaussée

Dernière mise à jour : 04 déc. 2020

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