Ensemble de figurines féminines de type de la vallée de l’Euphrate
©Alban Gilbert
Ensemble de figurines féminines de type de la vallée de l’Euphrate
©Alban Gilbert
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Ensemble de figurines féminines de type de la vallée de l’Euphrate

Syrie du nord, bronze moyen, XXIVe- XXe siècle av. J.-C.

L’apparition de représentations anthropomorphiques est attestée d’après des sources datant de la très haute Antiquité grâce au matériel archéologique ou encore aux documents épigraphiques. La collection léguée par Camille Aboussouan est constituée d’un nombre important de figurines anthropomorphes de l’âge du bronze qui peuvent être identifiées comme provenant de Syrie car leur acquisition s’est opérée à proximité de sites près du barrage de l’Euphrate qui ont fait l’objet de fouilles.

Ensemble de figurines féminines de type de la vallée de l’Euphrate
illustration 1 Ensemble de figurines féminines de type de la vallée de l’Euphrate, ©Alban Gilbert
Ensemble de figurines féminines de type de la vallée de l’Euphrate
illustration 1 Ensemble de figurines féminines de type de la vallée de l’Euphrate, ©Alban Gilbert

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste Syrie du nord, bronze moyen, XXIVe- XXe siècle av. J.-C.
Titre Ensemble de figurines féminines de type de la vallée de l’Euphrate
Date XXIVe- XXe siècle av. J.-C.
Domaine Archéologie
Technique Terre cuite
Dimensions Non renseignée
Numéro d'inventaire 2000.1.683 ; 2000.1.0670 ; 2000.1.673
Sujet / Thème Archéologie, fertilité, déesse, statuette, figurine

Une tradition antique

Si l’on se réfère aux textes de la Genèse, le créateur est représenté comme le potier qui façonne Adam à partir de la terre (Gn 2 : 7). Ce texte est également une évocation des prémices de la coroplastie (mode de fabrication par modelage) et des premières représentations anthropomorphiques en terre cuite. Les plus anciennes figurines datant du début du VIIIe millénaire ont été découvertes à Muraybet sur l’Euphrate, le plus ancien village néolithique connu à ce jour. D’autres figures anthropomorphes datant de la période néolithique ont notamment été mises à jour sur le littoral méditerranéen sur les sites de Ras Shamra-Ugarit et Byblos.

L’âge du bronze, entre la moitié du IIIe et le début du Ier millénaire, voit se développer la production de statuettes anthropomorphes en terre, essentiellement au Proche-Orient et plus particulièrement dans l’actuelle Syrie.

Une classification rigoureuse

Les typologies de figurines en terre cuite se répartissent simplement entre statuettes féminines et masculines. Les figurines féminines répondent à des caractéristiques récurrentes : le triangle pubien est plutôt réservé à celles du type classique de la région de l’Oronte et à des figurines du type classique du site de Mari. Le nombril est fréquemment noté tandis que les seins se retrouvent sur de nombreuses statuettes La posture avec les bras repliés évoque aussi l’attitude de recueillement. Les figurines féminines se caractérisent surtout par la variété de leur coiffure parmi lesquelles la coiffure en peigne, typique de la vallée de l’Oronte, ou alors celle à plaque relevée de la région de l’Euphrate.

La collection de Camille Aboussouan rassemble quatre types de statuettes. Trois portent le nom de lieux géographiques où leur production abonde : la vallée de l’Oronte, la vallée de l’Euphrate et Tell Chuera. Le quatrième regroupe les figurines exécutées suivant la technique de l’estampage.

Le type de la vallée de l’Euphrate, majoritairement représenté dans la collection de Camille Aboussouan, se différencie des autres régions par une silhouette reposant sur une base concave, les bras tirés en avant ou repliés sur la poitrine. Il comprend une grande variété de coiffures très sophistiquées, à nattes ou à languettes.

     1. Les formes de coiffure à nattes (site de la région de Tabqa-Euphrate, notamment Tell Selenkahiyé.)

  • Les coiffures à nattes et queue de cheval  

La distinction s’effectue ici au niveau de la coiffure : deux courtes nattes hachurées horizontalement tombent de part et d’autre du visage de la figurine. A l’arrière de la tête de cette dernière, les cheveux sont retenus en queue de cheval tandis que le front est ceint d’une bande hachurée.

  • Les coiffures à nattes et à chignon

Cette variante présente deux longues nattes à double rangée de hachures en biais qui encadrent le visage, le long du cou. Les oreilles sont dissimulées par une rangée de trois pastilles disposées sous chacune des nattes. Une forme trapézoïdale, ramassée à l’arrière de la tête, fait office de chignon.

     2. Les figurines classiques aux languettes sur les oreilles

Les nattes disparaissent dans cette sous-catégorie, laissant apparaître des languettes sur les oreilles. L’arrière de la coiffure offre deux variantes : le chignon ou la queue de cheval.

  • Coiffure en chignon et languettes sur les oreilles

Les traits des figurines appartenant à cette sous-catégorie ont des traits uniformes. Seuls leurs yeux adoptent parfois la forme en « pastille de grain de café ».

  • Coiffure en chignon et pastilles perforées sur les oreilles

Un croissant fait figure de chignon ici, tandis que des pastilles perforées se substituent aux languettes latérales. Le sommet du front, légèrement relevé, adopte la forme d’une couronne.

  • Coiffure en queue de cheval et languettes sur les oreilles

La différence se situe à l’arrière de la coiffure, la queue de cheval tenant lieu et place du chignon précédent.

L’hypothèse d’une fonction votive retenue

La signification des figurines anthropomorphes est difficile à comprendre en l’absence de témoignage épigraphique relatif à leur fonction. De plus, les figurines de la collection de Camille Aboussouan ont été acquises auprès d’antiquaires et leur provenance demeure incertaine.

Seules les figurines de Syrie issues de fouilles peuvent apporter quelques précisions. Plusieurs hypothèses ont été évoquées. Elles peuvent se rapprocher des divinités, telles les « déesses mères », « déesses nues » ou « plaques d’Astarte » (équivalent de la déesse Isthar, compagne du dieu suprême Baal, protectrice du souverain et sa dynastie) mais elles sont dépourvues des attributs propres à ces divinités. En revanche, l’association avec la déesse de la fertilité peut être envisagée car plusieurs figurines nues ont été retrouvées à Ebla, appliquées sur de nombreux récipients à caractère votif sans qu’elles ne représentent pour autant la déesse elle-même. Une utilisation de fétiches protecteurs des maisons a aussi été évoquée. Toutefois, l’interprétation la plus répandue voit dans ces objets des ex-voto, adorants ou sacrifiants.

Provenance

Collection de Camille Aboussouan, Agen, 2000 ; donation de Camille Aboussouan au musée des Beaux-Arts, Agen, 2000 ; entrée au musée des Beaux-Arts, Agen, 2000

Dimensions (dans l'ordre des oeuvres ci-dessus)

H. : 0,121 ; L. : 0,047 m / H. : 0,169 ; L. : 0, 072 m  / H. : 0,161 ; L. : 0,043 m

Localisation

Rez-de-chaussée

Dernière mise à jour : 29 déc. 2020

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