La Seine à Rouen en hiver : effets de neige
©Alban Gilbert
La Seine à Rouen en hiver : effets de neige
©Alban Gilbert
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La Seine à Rouen en hiver : effets de neige

ALBERT-CHARLES LEBOURG (Montfort-sur-Risle, 1849-Rouen, 1928)

Peintre de la seconde génération des impressionnistes vivant entre Rouen et Paris, Albert-Charles Lebourg se plaît à peindre la Seine et les paysages normands. La Seine à Rouen en hiver : effets de neige illustre le goût de l’artiste pour les lumières douces et les compositions apaisantes.

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste ALBERT-CHARLES LEBOURG (Montfort-sur-Risle, 1849-Rouen, 1928)
Titre La Seine à Rouen en hiver : effets de neige
Date Vers 1892-1894
Domaine Peinture
Technique Huile sur toile
Dimensions H. 0.47 m - L. 0.77 m -
Numéro d'inventaire 52 BR
Sujet / Thème Paysage, fleuve, impressionnisme

Albert-Charles Lebourg, peintre de la seconde génération des impressionnistes

Albert-Charles Lebourg est un peintre appartenant à la seconde génération des impressionnistes. Ce courant se développe durant la seconde moitié du XIXe siècle et regroupe des artistes autour d’un même dessein, parvenir à traduire sur une toile l’atmosphère d’un lieu, les effets de lumière et les impressions fugitives. Ces artistes assurent leur promotion grâce aux nombreuses expositions publiques qu’ils organisent entre 1874 et 1886 à Paris. Lors de la première, le nom « impressionniste » fut adopté à la suite de la publication, dans la revue Charivari, d’un article sarcastique du critique et humoriste Louis Leroy qui tourne en dérision le tableau de Monet intitulé Impression, soleil levant (1872, Musée Marmottan Monet, Paris, inv. 4014). Ce courant est divisé en deux générations par la crise des années 1880 qui voit la césure du groupe initial composé de Claude Monet (1840-1926), Alfred Sisley (1839-1899) et Auguste Renoir (1841-1919) ainsi que d’importants changements esthétiques. La seconde génération prône un retour à des valeurs classiques plus intellectuelles d’ordonnance ou de construction. Dès lors, l’univers apparaît moins évanescent et la touche ne définit plus drastiquement le dessin.

La Seine comme sujet de prédilection

Issu de l’École de Rouen, Albert-Charles Lebourg voyage à Alger (1872-1877) où il enseigne le dessin et rencontre le coloriste lyonnais Jean Seignemartin (1848-1875). De retour en France, il expose ses peintures lors de deux expositions impressionnistes (1879 et 1880) où son travail de la lumière se confond avec celui des autres exposants. Nommé membre de la Légion d’honneur en 1903, il est promu officier en 1924. Bien qu’il ait peint des sujets variés au cours de ses voyages, notamment en Auvergne (1884) et en Europe du Nord (1897), il conserve un intérêt privilégié pour les vues de la Seine depuis Paris jusqu’à Honfleur, en passant par Rouen.

Une étude attentive des variations de lumière

En 1892, Albert-Charles Lebourg quitte Paris pour s’installer à Rouen où il peint de nombreuses vues du port et de la ville. C’est vraisemblablement à cette période qu’il réalise La Seine à Rouen en hiver : effets de neige, période qui prend fin brusquement avec le décès de son épouse en 1894. Dans cette œuvre, l’artiste montre sa maîtrise de l’ambiance lumineuse et changeante des bords de Seine. L’atmosphère claire et froide de Rouen en ce jour d’hiver est traduite par l’immensité du ciel qui occupe près de la moitié du tableau. Ses tonalités froides s’assimilent avec celle de la Seine, exaltant les effets de la neige et de la lumière uniforme qui gomme les formes du paysage. Les larges touches horizontales sur le sol se font plus arrondies dans le ciel, épousant la forme des nuages. L’horizontalité du paysage, qui dessine une courbe pour ne pas arrêter le regard, est contrebalancée par les mâts, les piquets et les édifices, brossés de quelques traits verticaux.

Dans chacune des œuvres de Lebourg, les formes architecturales tendent à disparaître par les effets de la touche et des couleurs mais elles demeurent facilement identifiables. De même, l’atmosphère évanescente de cette vue et la poésie qui émane des scènes de travail et d’activité humaine caractérisent son œuvre.

Provenance

Collection du Docteur et de Mme Louis Brocq, 1928 ; legs de la collection du Docteur Louis Brocq, 1928

Expositions

Albert Lebourg, la Seine, Maison des Arts, Grand-Quevilly, 27 mai-25 août 2013, n° 16

Mathilde Descamps Duval

Localisation

2e étage

Dernière mise à jour : 04 déc. 2020

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