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Les bords du Loing ; effet d’automne le matin à Moret
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
Les bords du Loing ; effet d’automne le matin à Moret
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
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Les bords du Loing ; effet d’automne le matin à Moret

FRANCIS PICABIA (Paris, 1879-1953)

Répondant à la verticalité des arbres, un chemin suit la rivière et s’enfonce dans les profondeurs de la perspective. De petites silhouettes animent la partie inférieure du tableau où le soleil projette des ombres douces. Les bords du Loing ; effet d’automne le matin à Moret est une œuvre de jeunesse de Francis Picabia (1879-1953). Elle révèle ses débuts impressionnistes, avant qu’il ne s’illustre au sein du mouvement surréaliste.

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste FRANCIS PICABIA (Paris, 1879-1953)
Titre Les bords du Loing ; effet d’automne le matin à Moret
Date 1904
Domaine Peinture
Technique Huile sur toile
Dimensions H. 0.74 m - L. 0.92 m -
Numéro d'inventaire 187 BR
Sujet / Thème Paysage, rivière

Un paysage d’automne lumineux

Les bords du Loing ; effet d’automne le matin à Moret, retrace les plaisirs d’une promenade à l’ombre des arbres. L’artiste détaille la lumière chatoyante de l’automne qui scintille sur les feuilles d’un rouge-orangé. Dans un rendu très chaleureux, loin de la nostalgie souvent assignée à l’automne, l’allée ouvre le regard, l’attirant vers les profondeurs de la peinture. Au premier plan, un tapis naturel vient animer la promenade de sa touche empâtée tandis que les coups de pinceau s’affinent en s’accordant avec la perspective. L’eau, thème de prédilection des impressionnistes, offre ses reflets scintillants et participe à la luminosité de l’ensemble. Les quelques promeneurs et la péniche vivifient la scène quand le cadrage favorise l’impression d’une véritable immersion dans l’œuvre.

L’influence déterminante d’Alfred Sisley

Francis Picabia se fait remarquer grâce à sa toile Vue des Martigues que son père, Francisco Picabia, alors consul de Cuba à Paris, expédie au Salon des artistes français de 1894. Ce tableau, non seulement reçu mais primé, permet à Francis Picabia d’intégrer l’École des arts décoratifs de Paris. Parallèlement à cette formation, le peintre fréquente l’École du Louvre et l’Académie Humbert où il travaille aux côtés de Georges Braque (1882-1963). En 1887, sa carrière effectue un véritable tournant artistique lors de sa découverte des œuvres impressionnistes d’Alfred Sisley (1839-1899) dont il s’inspire pour son œuvre L’église à Moret (1904, collection privée). Dès lors, de nombreuses peintures qu’il exécute à Moret-sur-Loing reprennent le même point de vue, le même cadrage, ainsi que la même touche que celles de Sisley. Picabia suit, pendant un temps, les traces de ce peintre qu’il adule en empruntant les mêmes chemins. Mais Sisley n’est pas le seul peintre impressionniste auquel Picabia s’intéresse, en effet, il rend également hommage aux séries de Claude Monet sur la cathédrale de Rouen avec ses peintures Notre-Dame, le matin et Notre-Dame (1906, collection privée). En 1905, sa première exposition personnelle à la galerie Haussmann, à Paris, est un véritable triomphe bien que les 61 œuvres présentées soient essentiellement impressionnistes, peintes à Moret-sur-Loing, commune de Seine-et-Marne très appréciée de Sisley, et divergent donc des nouvelles recherches plastiques de la libération de la couleur élaborées par les peintres du mouvement « fauvisme » (Salon d’Automne 1905).

De l’impressionnisme au ready-made, en passant par l’art abstrait

En 1909, le peintre opère une rupture avec l’impressionnisme en proposant son aquarelle Caoutchouc (Centre Pompidou, Paris, inv. AM 1989 D) considérée comme fondatrice de l’art abstrait. Enfin, sa carrière exécute un dernier tournant en 1913 lorsque l’artiste, marqué par la Broyeuse de chocolat (Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, inv. 1950-134-69)  et le concept de ready-made de Marcel Duchamp, entreprend une série d’œuvres dada où il reprend l’esthétique du dessin industriel.

Provenance

Collection Docteur et Mme Louis Brocq, 1934 ; don de Madame Brocq, 1934 ; dépôt à la Préfecture de Lot-et-Garonne, Cabinet du Préfet, Agen, 1943-1975

[Oeuvre signée en bas à gauche]

Mathilde Descamps Duval

Localisation

2e étage

Dernière mise à jour : 04 déc. 2020

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