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Mécène et les Arts
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
Mécène et les Arts
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
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Mécène et les Arts

GIAMBATTISTA TIEPOLO (1696, Venise-1770, Madrid), attribué à

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste GIAMBATTISTA TIEPOLO (1696, Venise-1770, Madrid), attribué à
Titre Mécène et les Arts
Date Vers 1742
Domaine Arts graphiques
Technique Plume et encre brune sur traits sous-jacents de pierre noire, lavis de brun, rehauts de craie blanche
Dimensions H. 0.3 m - L. 0.41 m -
Numéro d'inventaire 58 P
Sujet / Thème Empereur, Apollon, Minerve, lyre, allégorie, divinité

La mise en scène du mécénat artistique

Assis sur son trône, l'empereur romain Auguste (63 av. J.-C.-14 ap. J.-C.) domine la scène encadrée par les statues des dieux protecteurs des arts, Apollon et Minerve. Si Apollon est facilement identifiable à la lyre qu'il tient dans sa main gauche, Minerve quant à elle ressemble à la Minerve Giustiniani (copie romaine d'une œuvre grecque, fin Ve et début IVe siècle, musée du Vatican, n° 2223). À gauche du tableau, Caius Cilnius Maecenas, conseiller et ami de l'Empereur, lui désigne les arts personnifiés en bas des marches. La Peinture, reconnaissable à la palette agrémentée de pinceaux qu'elle tient dans sa main gauche, est agenouillée au premier plan. Vient ensuite Homère aveugle, pour la poésie, soutenu par un jeune homme musicien. Derrière eux, on distingue la Sculpture et l'Architecture, l'une touchant le buste déposé sur les marches, l'autre tenant un compas. La scène se déroule dans une loggia fermée par des arcades au riche décor sculpté. À l'arrière-plan on distingue l'autre rive du fleuve où s'élève le palais de Brülh à Dresde, reconnaissable à ses jardins suspendus. Certains contours sont tracés à la plume, tandis que d’autres formes naissent du pinceau et du lavis, comme les ouvriers qui s’affairent sur l’attique et sa balustrade. De grandes plages de lavis ombrent la composition et créent ainsi de la profondeur. Les contrastes entre ombre et lumière sont très forts. Des touches de craie blanche, pour ajouter de la lumière sur les figures de Minerve et d’Apollon, évoquent le marbre et insistent sur leur apparence sculpturale.

Une œuvre destinée à un commanditaire prestigieux

Très fidèle à la composition finale du tableau Mécène et les Arts, conservé au musée de l'Ermitage (inv. 4), le dessin du musée des Beaux-Arts d'Agen apparaît davantage comme une copie que comme un dessin préparatoire. En effet, l’œuvre finale fut commandée par le comte Francesco Algarotti, armateur vénitien, afin de l'offrir au comte Heinrich Brühl, puissant ministre de l'électeur de Saxe et roi de Pologne, Auguste III. Dans une démarche intéressée, Algarotti, qui cherchait à obtenir la charge de Surintendant des Bâtiments et Cabinets du Roi à Dresde, offre deux tableaux à Brülh : Mécène et les Arts et Le Triomphe de Flore (San Francisco, Fine Arts Museum, inv. 61.44.19). Par le choix du premier sujet, rarement représenté, il entend célébrer le rôle de conseiller artistique que tenait alors Brülh auprès du roi de Pologne Auguste III. D'ailleurs, la présence de travailleurs, s'activant à terminer la balustrade qui domine les arcades, glorifie le rôle de Brühl qui fait de Dresde un foyer d'art florissant. En 1766, Giacomo Leonardis (1723-1797) – aussi connu comme Jacopo – a gravé les deux tableaux Mécène et les arts et Le Triomphe de Flore à partir des deux ricordi réalisés par Tiepolo sous forme de deux dessins au lavis. Il est possible que le dessin au lavis conservé au musée des Beaux-Arts d'Agen soit l'un de ces deux ricordi.

Un artiste à la renommée internationale

Né en 1696 à Venise, Giambattista Tiepolo est un peintre rococo et graveur italien. Gregorio Lazzarini (1655-1730) devient son premier professeur en 1710 mais son art subit également l'influence de deux peintres rococo vénitiens Giambattista Piazzetta (1683-1754) et Sebastiano Ricci (1659-1734). Il reçoit sa première commande à 19 ans pour la réalisation d'une fresque, Le Sacrifice d'Abraham, pour l'église l'Ospedaletto de Venise. Par la suite, il travaille à Udine où il réalise notamment la fresque du Jugement de Salomon (1729-1730) au palais patriarcal, aujourd'hui archevêché, considéré comme son premier chef-d’œuvre.  Il peint de nombreuses fresques de plafond dans les églises et palais tant à Milan que Venise ou Bergame. En 1750, il part s'installer à Würzburg où il décore la résidence du prince-évêque Karl Philipp von Greiffenklau dont le plafond de l'escalier monumental, l'Olympe et les quatre Continents, a considérablement renforcé sa renommée. Il retourne ensuite à Venise où il préside l'Académie de peinture et de sculpture de 1756 à 1758. Véritable peintre des cours européennes, il est commissionné par Charles III d'Espagne en 1761 pour réaliser la fresque de l'Apothéose de l'Espagne sur le plafond de la salle du trône du palais royal de Madrid. Son goût prononcé pour les perspectives architecturales feintes et les jardins caractérise ses peintures à l'espace démultiplié. Outre ses nombreuses peintures à fresque, Tiepolo s'est également illustré par des peintures à l'huile et des gravures.

Provenance

Collection Georges de Montbrison, château de St-Roch (Tarn-et-Garonne), 1879 ; don de Georges de Montbrison au musée des Beaux-Arts, Agen, 1879

Expositions

Concours régional agricole de 1879. Exposition des Beaux-Arts, Halle, Agen, 1879, n° 28 bis (« Les Beaux-Arts implorant l’appui du trône », cat. p.14)

Dernière mise à jour : 15 oct. 2020

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