Portrait de Madame Sophie
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
Portrait de Madame Sophie
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
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Portrait de Madame Sophie

FRANCOIS-HUBERT DROUAIS (Paris, 1727-1775)

Ce portrait montre Madame Sophie, fille du roi Louis XV, vêtue d’une robe d’intérieur brodée de fleurs. François-Hubert Drouais, alors peintre à la cour, la représente une partition à la main, rappelant ainsi le goût de la princesse pour la musique.

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste FRANCOIS-HUBERT DROUAIS (Paris, 1727-1775)
Titre Portrait de Madame Sophie
Date Vers 1760-1770
Domaine Peinture
Technique Huile sur toile
Dimensions H. 0.72 m - L. 0.58 m -
Numéro d'inventaire 10 Ai
Sujet / Thème Portrait, femme

François-Hubert Drouais, portraitiste favori de la cour

François-Hubert Drouais, fils d’Hubert Drouais (1699-1767), est le membre le plus illustre de cette famille de peintres. Il reçoit son éducation artistique de trois grands maîtres de la peinture de cette époque : Carle Van Loo (1715-1765), Charles-Joseph Natoire (1700-1777) et François Boucher (1703-1770). Reçu à l’Académie en 1758, il est appelé à Versailles où il travaille pour le compte de Madame de Pompadour puis de Madame du Barry, tour à tour maîtresses de Louis XV. Dès lors, il devient le grand portraitiste de la cour succédant à Jean-Marc Nattier (1685-1766), vieillissant, et précédant la carrière de Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842). Dans ce contexte, il exécute le portrait de Sophie-Philippine-Élisabeth de France (1734-1782), dite Madame Sophie, sixième des filles de Louis XV et Marie Leszczyńska.

Un portrait d’une grande élégance

Représentée à mi-corps et de trois-quarts, Madame Sophie est vêtue d’une robe fermée sur sa poitrine et richement décorée de nombreuses fleurs et de fine dentelle, costume que les quatre princesses, Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise, avaient coutume de porter. La figure se détache sur un fond uni, d’où émerge le dossier du fauteuil, créant un effet de perspective. La lumière modèle les traits de son visage avec douceur, accentuant l’arête de son nez et la forme de son menton dans un rendu réaliste. Le regard tourné vers le spectateur, elle tient dans les mains une partition et semble interrompue en pleine étude. Ses yeux portent encore les traces évanescentes de la mélodie qu’ils viennent de parcourir. Le choix de la partition de musique comme accessoire renvoie au goût de Madame Sophie pour le chant et les instruments, loisirs favoris qu’elle partage avec ses sœurs. A travers ce portrait, François-Hubert Drouais s’affranchit des codes du portrait officiel par le réalisme des traits de la figure et l’harmonie chromatique composée d’une dominance de rose.

Une exacte réplique du portrait original de Madame Sophie

Réplique de l’œuvre originale conservée au château de Versailles, cette œuvre autographe est transmise par héritage du duc de La Vrillière à Louise-Félicité de Brehan de Plélo, duchesse d’Aiguillon parmi d’autres portraits de la famille royale. Ces œuvres sont envoyées au château d’Aiguillon pendant l’exil du duc d’Aiguillon. Sa condition d’œuvre autographe fait la qualité du portrait agenais, bien qu’il ne soit pas l’original. En effet, le portraitiste officiel réalise un portrait-prototype décliné ensuite en de nombreuses répliques, qui sont autant de variantes avec de légères modifications, comme l’adaptation à un nouveau format, des accessoires différents, ou encore des couleurs déclinées. Ainsi, le Metropolitan Museum of Art à New York conserve le portrait de Madame Sophie (inv. 64.159.1), vêtue d’une robe bleue et les mains emmitouflées dans un manchon de fourrure. Une copie du portrait de Madame Sophie a également été réalisée par l’atelier de Drouais (musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles, inv. MV 3810) la montrant dans une pose et vêtue d’atouts identiques, en une composition plus large constituée d’un dais et d’une architecture à l’antique ainsi que d’un petit bureau sur lequel est posée une pile de livres. Enfin, la pose de la Princesse se retrouve dans le triple portrait avec ses sœurs, Mesdames Victoire et Louise, dans un portrait livré en 1764 et conservé de nos jours au château de Versailles (inv. MV 4459).

Provenance

Collection de Louis III de Phélypeaux, comte de Saint-Florentin, duc de La Vrillière, hôtel de Saint-Florentin (galerie en suite de la bibliothèque avec vue sur la place Louis XV, actuelle place de la Concorde, Paris, n° 966 de l’inventaire après décès), 1777 ; légué à sa nièce, Louise-Françoise de Bréhan de Plélo, duchesse d’Aiguillon, 1777 ; collection du duc Emmanuel-Armand d’Aiguillon, château d’Aiguillon (salon de compagnie), 1777(?)-1788 ; collection du duc Armand-Désiré d’Aiguillon, château d’Aiguillon (salon de compagnie), 1788-1792 ; saisie révolutionnaire, 1792 ; Museum de l’École Centrale, ancien évêché, Agen, 1796-1803 ; Légion d’Honneur, ancien évêché, Agen, 1803-1810 ; Préfecture de Lot-et-Garonne, 1810-1905 ; dépôt de la Préfecture de Lot-et-Garonne au musée des Beaux-Arts, Agen, 1905 ; classement au titre des Monuments Historiques, 1918

 

Mathilde Descamps Duval

Localisation

1er étage

Dernière mise à jour : 16 sept. 2020

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