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Portrait de Mademoiselle Valentine Verlain Abraham
©Alban Gilbert
Portrait de Mademoiselle Valentine Verlain Abraham
©Alban Gilbert
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Portrait de Mademoiselle Valentine Verlain Abraham

ANTOINE CALBET (Engayrac, Lot-et-Garonne, 1860-Paris, 1944)

Antoine Calbet (1860-1944) est un portraitiste lot-et-garonnais de talent à l’origine du cycle pictural des dix portraits qui ornent la salle des Illustres de l’Hôtel de Ville d’Agen. Il est ici l’auteur du Portrait de Mademoiselle Valentine Verlain Abraham, une œuvre qui souligne la facture lumineuse et vaporeuse de l’artiste.

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste ANTOINE CALBET (Engayrac, Lot-et-Garonne, 1860-Paris, 1944)
Titre Portrait de Mademoiselle Valentine Verlain Abraham
Date 1905
Domaine Arts graphiques
Technique Aquarelle, crayon, gouache
Dimensions H. 0.47 m - L. 0.27 m -
Numéro d'inventaire 390 P
Sujet / Thème Portrait, femme, robe, chapeau

 « À Melle Verlain hommage de son tout dévoué admirateur »

La dédicace qu’Antoine Calbet destine à son modèle annonce déjà la délicatesse qui émane du Portrait de Mademoiselle Valentine Verlain Abraham. Ce dessin, qui provient de la collection privée de Madame Durand Abraham (la sœur du modèle), est réalisé à l’aquarelle, à la gouache et au crayon sur un support cartonné. La jeune femme est assise sur une chaise recouverte d’un drapé blanc duveteux. Elle est vêtue d’une magnifique robe en dentelle blanche réalisée à la fois à l’aquarelle et à la gouache. Le haut de la robe est constellé de fleurs et les manches, par un savoureux glacis, laissent entrevoir des bras graciles. La main droite, bien plus travaillée que la gauche, est soulignée par un bracelet doré qui accroche le regard du spectateur. La toilette élégante est complétée par un châle immaculé, posé sur l’épaule droite du modèle. A l’extrémité du châle, la dentelle est cernée par du crayon afin de la rendre plus visible. Le mélange du blanc bleuté de la robe et du drapé ainsi que le rendu de la matière et des détails des différents textiles, absolument somptueux, confèrent à cette femme un aspect pur et aérien. Le décolleté de la robe donne à voir une peau laiteuse dont les ombres sont rendues en laissant visible le carton beige clair. Cette délicate gorge conduit l’œil vers la figure du modèle, qui se détache du reste du corps grâce au noir du chapeau, parsemé de rose, et à son ruban qui entoure le visage en laissant apparaître une chevelure rousse. Le regard se perd au loin, esquissant un sourire songeur. Avec ce portrait, Antoine Calbet rend grâce à une jeune femme élégante, distinguée et pensive. 

Le portraitiste

Antoine Calbet, comme beaucoup d’artistes de son temps, multiplie les portraits, bien plus rémunérateurs que les grands tableaux d’histoire ou les scènes de genre dans lesquels il excelle. Ainsi, lorsqu’il expose le portrait du sculpteur Alexandre Falguière au Salon de la société des Artistes Français en 1891, il reçoit la mention honorable et suscite l’admiration. Cependant, ses œuvres majeures demeurent les dix portraits de la salle des Illustres de la mairie d’Agen. Âgé de seulement vingt-cinq ans, le jeune Calbet se lance dans le grand projet de coucher sur toile les grands hommes du Lot-et-Garonne. Parmi eux, l’auguste Bernard Palissy ainsi que Godefroy d’Estrades ou encore le poète occitan Jacques Boé, dit Jasmin. Il les représente avec des attributs qui leur sont propres, rendant aisée leur identification. Toute la grandeur et la dignité de ces grands hommes sont restituées par ces portraits aux formats monumentaux.

Le « peintre des jolies femmes » (Louis Recours, conservateur du musée d’Agen, 1934)  

Les portraits de la salle des Illustres d’Agen demeurent très austères en comparaison de la femme vaporeuse de Calbet, bien plus intimiste. Dans ses travaux autour de la figure féminine, notamment ses aquarelles, l’artiste offre un dessin nerveux, une palette riche de tons pastels ainsi qu’une luminosité bouleversante. Cette luminosité irradie le portrait de Mademoiselle Valentine Verlain Abraham, qui semble entourée d’une aura de légereté lui donnant une allure floue et vaporeuse. Ce type de représentation légère, lumineuse et colorée est fréquent dans les huiles sur toile que réalise l’artiste. C’est le cas de Surprises, datant également de 1905 (musée des Augustins de Toulouse, inv. 1725). Figurent sur cette toile quatre nymphes courant, drapées de multiples voiles. On y retrouve les couleurs pastels lumineuses et l’aspect évanescent qui contribuent à donner une atmosphère de légèreté si chère à Calbet. L’artiste exalte la beauté de la femme, dont il souligne la sensualité ingénue.

Provenance

Collection de Mme Durand Abraham, avant 1934 ; don de Mme Durand Abraham au musée des Beaux-Arts, Agen, 1934

Expositions

Peindre au XIXe siècle en Lot-et-Garonne, Espace-Église des Jacobins, Agen, 26 juin-31 octobre 2004, p. 27

Le temps de Monsieur Fallières, Musée des Beaux-Arts, Agen, 14 juin-15 septembre 1986, n°22

[Oeuvre signée, dédicacée et datée en haut à gauche]

Dernière mise à jour : 16 sept. 2020

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