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Saint Pierre et sainte Madeleine
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
Saint Pierre et sainte Madeleine
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
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Saint Pierre et sainte Madeleine

ÉCOLE FLAMANDE

Le musée d’Agen possède quelques exemples de peintures à sujets religieux. Les œuvres flamandes témoignent du style nouveau qui émerge dans les Flandres et en Allemagne au XVe et au début du XVIe siècle. Le tableau Saint Pierre et sainte Madeleine, par son style, porte l’influence des peintres de la génération de Jan Van Eyck (v. 1390-1441). L’artiste y représente les deux saints comme dans la tradition miniaturiste. Tous les détails et attributs des personnages sont rendus avec une extrême minutie.

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste ÉCOLE FLAMANDE
Titre Saint Pierre et sainte Madeleine
Date Vers 1550
Domaine Peinture
Technique Huile sur bois
Dimensions H. 0.47 m - L. 0.34 m -
Numéro d'inventaire 275 CH
Sujet / Thème Histoire religieuse, saint Pierre, sainte Madeleine, paysage, parfum, clés

Une représentation minutieuse des saints

Saint Pierre et sainte Madeleine se dressent devant un paysage imaginaire et finement travaillé. Vêtus à la romaine, ils arborent les couleurs rouge et or des saints martyrs et des apôtres. Les clés des Royaumes du Ciel et de la Terre dans une main, le livre de la Loi Nouvelle dans l’autre, saint Pierre par sa jambe en avant s’inscrit dans une attitude dynamique. Représenté en homme d’âge mur, le visage aux traits marqués et à la barbe grisonnante, il incarne le rôle de premier apôtre, confié par Jésus Christ. Le premier évêque de Rome a en effet assisté à plusieurs miracles et événements majeurs de la vie de Jésus, comme la Marche sur les eaux, la Transfiguration, l’arrestation, le procès et la Passion. A ses côtés, sainte Madeleine se tient presque immobile dans une attitude hiératique. Elle porte, serré contre sa poitrine, le pot de parfum qui réfère à l’épisode de l’Evangile selon Luc où elle lave les pieds du Christ avec du parfum et ses larmes de repentance. Si sa toge se rapporte à l’antique, le haut de sa tunique ainsi que sa coiffure s’inspirent davantage de la mode vestimentaire contemporaine au peintre. En effet, dans la peinture flamande, il était fréquent d’habiller les figures saintes de vêtements contemporains afin de pouvoir mieux les assimiler à une vie quotidienne.

La transposition du sacré dans la vie quotidienne

Derrière eux, le paysage s’étire pour créer un effet de profondeur grâce à la superposition de plusieurs plans. La trouée dans le paysage, presque au centre de l’œuvre, attire le regard vers le fond du tableau afin d’ouvrir l’espace vers un petit village. A droite, un chemin escarpé guide l’attention vers les hauteurs d’une colline rocheuse et permet au peintre de représenter un moine de taille proportionnellement plus petite, accentuant ainsi l’effet de perspective. Dès lors, cette peinture illustre l’une des principales caractéristiques de la peinture flamande : la transposition de l’espace du sacré dans la vie quotidienne de l’époque. S’opposant à la peinture florentine par son caractère analytique, elle donne la prépondérance au paysage sur les personnages, montrant une méticuleuse observation du réel ainsi qu’une volonté d’en rendre ses reliefs dans le moindre détail. Une seconde particularité la distingue de la Renaissance italienne : l’invention de la peinture à l’huile. En effet, selon Giorgio Vasari, dans son ouvrage Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes (Seconde édition en 1568), Jan Van Eyck (v. 1390-1441) serait à l’origine de cette invention. Ce nouveau liant a le mérite de sécher lentement, permettant les retouches. De plus, la superposition de minces couches picturales transparentes, appelée glacis, permet de capter la lumière et de mieux rendre les textures. Ainsi, dans la peinture de Saint Pierre et sainte Madeleine, on a l’impression d’apercevoir le miroitement de la lumière sur les feuilles.

Un tableau composé de deux panneaux d’un même triptyque ?

Enfin, un détail troublant, situé au centre de la toile, retient l’attention. Une large bande peinte sur toute la hauteur du tableau s’apparente à une jointure, comme si les deux panneaux avaient été réunis pour n’en former qu’un. Or, la représentation de ces deux personnages bibliques ainsi disposés est peu fréquente hormis lorsqu’ils accompagnent les panneaux centraux représentant les scènes de la Descente de croix ou de la Crucifixion. De plus, l’absence d’interaction entre les deux saints et le fait que leurs mouvements ne se coordonnent pas, semble confirmer cette hypothèse. En outre, le triptyque flamand est une véritable tradition picturale apparue dans les années 1420 et qui est désormais reconnue par l’histoire de l’art comme un genre propre. Composé d’un panneau central flanqué de deux volets majoritairement amovibles, le triptyque présentait un paysage qui était bien souvent étendu à l’ensemble des parties afin de créer une unité et un équilibre dans la composition. Dès lors, on peut émettre l’hypothèse qu’il s’agirait de deux saints patrons des commanditaires ou donateurs d’un triptyque. Représentés sur les volets extérieurs, autour d’une scène biblique centrale, il est possible qu’ils aient été réunis en un seul panneau au cours du XVIIe siècle.

Provenance

Collection du comte Damaze de Chaudordy, Paris ; legs du comte de Chaudordy au musée des Beaux-Arts, Agen, 1899 ; entrée au musée des Beaux-Arts, Agen, 1900

 

Mathilde Descamps Duval

Localisation

1er étage

Dernière mise à jour : 16 sept. 2020

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