Un plateau et deux tasses à glace montés en écritoire et un pot à lait du service « riche en or et riche en couleur »
©Alban Gilbert
Un plateau et deux tasses à glace montés en écritoire et un pot à lait du service « riche en or et riche en couleur »
©Alban Gilbert
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Un plateau et deux tasses à glace montés en écritoire et un pot à lait du service « riche en or et riche en couleur »

MANUFACTURE ROYALE DE SÈVRES

En 1756, la fabrique royale de porcelaine tendre de Vincennes, transférée à Sèvres, devient la Manufacture royale de Sèvres. Elle connaît un essor considérable avec la collaboration d’artistes tels que l'orfèvre Jean-Claude Duplessis (1699-1774), les sculpteurs Etienne Maurice Falconet (1716-1791) et Louis-Simon Boizot (1743-1809), et de nombreux peintres. Les services de table confèrent à la production une renommée européenne grâce aux cadeaux diplomatiques, parfois décidés à l’improviste.

Un plateau et deux tasses à glace montés en écritoire et un pot à lait du service « riche en or et riche en couleur »
illustration 1 Un plateau et deux tasses à glace montés en écritoire et un pot à lait du service « riche en or et riche en couleur », ©Alban Gilbert

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste MANUFACTURE ROYALE DE SÈVRES
Titre Un plateau et deux tasses à glace montés en écritoire et un pot à lait du service « riche en or et riche en couleur »
Date 1784 et 1789
Domaine Objets d'art
Technique Porcelaine tendre, bronze doré
Dimensions Non renseignée
Numéro d'inventaire 308 CH ; 302 CH
Sujet / Thème Service, porcelaine

Des services jumeaux pour deux royaumes amis, le Soleil et l’Etoile du Nord

Placée sous la protection royale en 1759, la Manufacture de Sèvres devient le pourvoyeur attitré de la Couronne, exposant ses dernières productions lors de ventes annuelles organisées en décembre dans l’appartement intérieur du Roi au château de Versailles. Suite à l’exposition annuelle du château de Versailles, en 1783, la reine Marie-Antoinette passe commande d’un nouveau service dont la composition est établie au début de l’année 1784 et dont l’exécution occupe 22 ouvriers. Destiné vraisemblablement à son appartement du palais des Tuileries à Paris, l’ensemble à « décoration riche en couleurs et riche en or », constitué de 239 pièces, est livré à Marie-Antoinette huit mois plus tard. La raison de ce contretemps est liée à la visite en France de Gustave III, roi de Suède, qui reçoit le service d’origine en cadeau diplomatique le 22 juin 1784. Du fait de ce détournement, la Manufacture doit donc s’atteler à la confection d’un second service, de même décor et comportant 28 pièces supplémentaires, qui n’est livré à Marie-Antoinette que le 26 août suivant. En outre, la Manufacture fabrique un complément destiné à Gustave III et achevé le 7 septembre.

Le décor s’inspire de motifs caractéristiques du goût de la reine et présents dans les premiers services livrés pour elle : les frises de perles encadrent des cartouches composés de pensées liés par des semis de roses et de barbeaux (œillets). Une bordure couleur lie de vin, plus large, est agrémentée de feuilles de myrte. La dorure, beaucoup plus dominante que sur les services livrés à la reine précédemment, se distingue des motifs aérés de ces autres livraisons et justifie le titre donné au service par la Manufacture.

Des services mélangés ?

Aujourd’hui, il est difficile de distinguer le service de Marie-Antoinette offert au roi de Suède de celui qui fut fabriqué pour elle en parallèle. On peut néanmoins, grâce aux Archives de la Manufacture de Sèvres, discerner les pièces des différents services : chaque pièce comporte la signature du peintre qui l’a réalisée et une lettre-date qui correspond à une année précise. À partir de 1778, la même lettre – AA – est doublée. Ces services ayant été dispersés puis mélangés dans des collections privées ou publiques, la provenance des éléments exposés à Agen n’est que partiellement connue. L’encrier est un montage de la deuxième moitié du XIXe siècle réalisé à partir de pièces provenant du service « riche en couleur et riche en or ». Le plateau, qui était fait pour présenter deux pots à confiture, a fait partie d’une paire qui fut livrée au roi de Suède le 22 juin 1784 ; il porte les marques cm du peintre Michel-Gabriel Commelin et les lettres-dates gg pour l’année 1784. Les deux tasses à glace n’ayant pas été démontées et leurs marques n’étant pas visibles, on ne peut pas trancher entre les deux provenances. Elles pourraient également provenir du service réalisé par la comtesse d’Artois, belle-sœur de la reine. Le pot à lait qui porte les lettres-dates de 1789 a d’ailleurs appartenu à cette princesse, qui reçoit le 27 juin 1789 un service orné du même motif pour rivaliser avec la reine. Pour cet élément, la marque est celle du peintre André-Vincent Vieillard.

Provenance

  • Plateau de l’encrier : collection du roi Gustave III de Suède, 1784 ; collection du comte Damaze de Chaudordy, Paris, 1899 ; legs du comte de Chaudordy au musée des Beaux-Arts, Agen, 1899 ; entrée au musée des Beaux-Arts, Agen, 1900
  • Tasses : collection du comte Damaze de Chaudordy, Paris, 1899 ; legs du comte de Chaudordy au musée des Beaux-Arts, Agen, 1899 ; entrée au musée des Beaux-Arts, Agen, 1900
  • Pot à lait : collection de la comtesse d’Artois, Versailles, 1789 ; collection du comte Damaze de Chaudordy, Paris, 1899 ; legs du comte de Chaudordy au musée des Beaux-Arts, Agen, 1899 ; entrée au musée des Beaux-Arts, Agen, 1900

Dimensions

  • Écritoire, H. : 0,160 ; L. : 0,177 m
  • Pot à lait, H. : 0,145 ; L. : 150 m

[Plateau signé sous le revers : L entrelacés et les lettres CMGG ; Pot à lait signé sous le pied : L entrelacés et les lettres MM]

Localisation

1er étage

Dernière mise à jour : 10 nov. 2020

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