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L’histoire des collections

Depuis sa fondation en 1876, le musée d’Agen n’a cessé de s’enrichir au gré des dons, legs, dépôts et acquisitions.

Le fonds ancien du musée

La fondation officielle du musée des Beaux-Arts d’Agen est récente puisqu’elle n’a abouti après de nombreuses tergiversations qu’en 1876 avec une ouverture au public en 1880. L’établissement n’a pas bénéficié des envois de l’Etat consécutifs à l’arrêté Chaptal de 1801 qui a pourvu les grands musées de province de grands tableaux d’autel religieux parisiens, italiens et flamands. Cependant, la formation de la Bibliothèque départementale et la création d’un éphémère « Muséum », rattaché à l’Ecole Centrale d’Agen, dans l’ancien évêché (Préfecture actuelle) en 1796, ont permis la conservation de livres, collections scientifiques et tableaux enlevés aux maisons religieuses ou confisqués aux émigrés, comme le duc d’Aiguillon et Mgr Usson de Bonac, évêque d’Agen. Jean Florimond Boudon de Saint-Amans (1748-1831), consul d’Agen avant la Révolution puis commissaire du roi en 1791 pour la formation du département de Lot-et-Garonne, joue un rôle important dans la création de ce premier fonds. Membre fondateur de la Société des Sciences, Belles Lettres et Arts en 1776 avec Lacépède, Lacuée de Cessac ou encore Lamouroux, il est chargé par l’administration, en 1793, de veiller à l’acheminement de ces collections après une sélection préalable.

L’idée de la formation d’un musée agenais ne prend corps qu’en 1836, sous l’impulsion de Sylvain Dumon, avocat et député d’Agen, futur ministre des Finances. Apprenant que le Muséum d’histoire naturelle à Paris envoie aux villes de province possédant un musée des doublons des objets de ses collections, il propose à la Société d’Agriculture d’Agen de créer un musée. Un premier don leur est accordé et la Société reçoit des échantillons géologiques, des fossiles ainsi que le buste de Bernard-Germain de Lacépède par David d’Angers, désormais déposé à la médiathèque Lacépède d’Agen. Ce premier geste officiel entraîne des dons de plus en plus nombreux d’érudits locaux et de collectionneurs et les premiers envois de l’Etat. 

Antoine Bartayrès (1776-1857), professeur de mathématiques au lycée d’Agen, est chargé de la conservation du musée installé en 1857 dans l’hôtel Ladrix, siège actuel de la Société Académique. Toute sa vie, il recueille sur les collines d’Agen un choix exhaustif de toutes les espèces minérales de l’Agenais pour enrichir les collections. En 1863, afin de prévenir les dégradations, la Société offre toutes ses collections au Conseil municipal qui les expose momentanément dans un local étroit avec quelques œuvres déposées par la Préfecture d’Agen. La dégradation des collections conduit dix ans plus tard à la rédaction d’un rapport appelant de ses vœux la mise à disposition d’un local approprié. Joseph Meynot, maire d’Agen, répond à cette supplique et décide en 1875 de fonder un musée municipal dans les anciens bâtiments de l’hôtel de ville et des prisons, inoccupés et menacés de démolition. En 1876, les premiers travaux sont entrepris : les hôtels particuliers d’Estrades et de Vaurs sont réaménagés pour abriter les collections tandis que l’hôtel Vergès est dévolu aux espaces de stockage et locaux techniques.

Composé du fonds ancien de la Société des Sciences, Belles Lettres et Arts, dont une partie des objets offerts par Florimond Boudon de Saint-Amans, les dons ne tardent pas à affluer. 

Les grands donateurs

Deux expositions, organisées dans la halle d’Agen en 1863 et 1879, donnent l’occasion de découvrir une sélection des collections du musée (alors logé dans un local étroit dans l’Hôtel de Ville), de la Préfecture et des collectionneurs privés des environs. 

Après sa création en 1876, le musée des Beaux-Arts prospère rapidement. Efficacement géré par ses fondateurs, il est cité dès 1880 par Henri Houssaye dans la Revue des deux mondes : « le musée d’Agen est magnifiquement installé, il a de l’avenir ». Au premier fonds viennent rapidement s’ajouter de nombreux dons gérés par la Société du Musée que les comptes rendus des Commissions citent avec enthousiasme. Les fondateurs eux-mêmes, MM. Adolphe Magen, Georges Tholin, Georges Marraud se dépouillent de leurs collections archéologiques ou minéralogiques, suscitant en retour de nombreuses libéralités. L’ouverture du musée en 1880 s’accompagne de la publication d’un premier catalogue en 1880, rédigé par Georges Tholin. Trois ans plus tard, la gestion du musée est reprise par la Ville avec la nomination d’un conservateur, Stanislas Dombrowski, chargé de rédiger l’inventaire des collections, suivie de la dissolution de la Société du Musée.

Parmi les dons importants qui marquent l’histoire des collections et la scénographie du musée, au moins jusqu’à la Seconde Guerre mondiale :

  • Louis Léon de Brondeau de Senelles cède en 1875 sa collection conchyologique et d’oiseaux avant de léguer, à sa mort en 1903, des bronzes du sculpteur Barye et une série de pendules et de cartels des XVIIe et XVIIIe siècles. 
  • En 1878, le médecin-major Achille Vincent Larivière lègue au musée ses vitrines contenant des objets d’art oriental rapportés d’une expédition en Chine. 
  • En 1879, le comte de Turenne donne au musée le tombeau des Durfort et de son épouse datant du milieu du XVIe siècle, jusqu’alors conservé dans la chapelle du château de Lafox. L’œuvre monumentale est demeurée à son emplacement depuis son transfert au musée.
  • La même année, Georges de Monbrison, collectionneur passionné des œuvres de la Renaissance réunies dans son château de Saint-Roch (Tarn-et-Garonne) et déjà donateur du musée Ingres à Montauban (de nos jours musée Ingres Bourdelle), offre 29 tableaux et dessins après le prêt de ses trésors à l’exposition de 1879. Il renouvelle ce geste en 1884 avec 10 portraits.
  • Célibataire et amoureux de sa ville natale, le comte Damaze de Chaudordy lègue en 1899 ses importantes collections de céramiques, de textiles, de sculptures, d’objets d’art et de peintures, glanées au cours de sa carrière diplomatique, notamment son ambassade madrilène. Finalement amoindri pour ne pas léser son héritier, l’ensemble, sélectionné par le conservateur et un représentant de l’Etat, hisse le musée à partir de 1901 au rang des plus grands musées du Sud-Ouest, avec notamment son importante série d’œuvres espagnoles.
  • En 1917, Mademoiselle Scellier de Lamples lègue au musée une collection essentiellement composée de souvenirs de famille conservés dans son appartement de Versailles : bibelots du XVIIIe siècle de toutes sortes, tabatières, montres, petits bronzes, ivoires, faïences, dentelles, tableaux… 
  • Le docteur Louis Brocq, dermatologue réputé et collectionneur passionné, lègue ensuite cinquante tableaux de l’école impressionniste (Lebourg, Lebasque, Grigorescu…), en 1928. Ce geste est complété par un don de sa femme, en 1934, puis par un legs en 1940, grâce auxquels le musée se dote d’une riche collection de peintures et de céramiques modernes. 
  • En 1981, le docteur Pierre Esquirol maire d’Agen, lègue sa collection constituée de meubles, peintures et sculptures asiatiques. Elle est présentée dans une salle qui lui est dédiée. 
  • En 1982, l’artiste François-Xavier Lalanne, originaire d’Agen, décide de faire au musée un « dépôt sentimental » en donnant un exemplaire de chacune de ses gravures. La salle Lalanne, abritant ses œuvres ainsi que celles de son épouse Claude, est créée suite à ce geste généreux. 
  • Grâce à la générosité du diplomate libanais Camille Aboussouan, dont la famille maternelle est originaire de Fleurance (Gers), une importante collection d’archéologie orientale constituée de près de 1400 pièces provenant du Liban, de Syrie et de l’ancienne Mésopotamie vient augmenter le fonds du musée en 2000. 
  • En février 2008, quelques mois seulement avant sa mort, l’artiste Pierre Lèbe entre au musée d’Agen dont il enrichit les collections de ses créations céramiques, graphiques et textiles, après avoir été touché par le « génie du lieu ». 

La liste des grands donateurs

  • Société des Sciences, Lettres et Arts
  • Jean Florimond (1748-1831) et Honoré Boudon de Saint-Amans (1774-1858)
  • Le duc d’Aiguillon (1761-1800)
  • Antoine Bartayrès (1776-1857)
  • Félix Aunac (1807-1893)
  • Le comte Napoléon Joseph Gabriel de Turenne d’Aynac (1806-1889)
  • Achille Vincent Larivière (1811-1878)
  • Amédée Moullié (1813-1876)
  • Adolphe Magen (1818-1893)
  • M. Rivals
  • Victor Sabatier
  • Docteur Amblard
  • Sœurs Mariannistes
  • Louis Léon de Brondeau de Senelles (1820-1906)
  • Pierre Mourgues, maire de Tayrac (1822-1886)
  • Le comte Damaze de Chaudordy (1826-1899)
  • Baron Paul de Bastard de Saint-Denis (1829-1888)
  • Georges de Monbrison (1830-1906)
  • Docteur Louis Amblard (1830-1909)
  • Léopold Payen, architecte (1830-1911) et son fils, Edouard Payen (1870-1912), architecte
  • Louis Ducos du Hauron (1837-1920)
  • Georges Marraud (1839-1908)
  • Gaston Sabatier (1842-1899)
  • Georges Tholin (1843-1922)
  • Marie Scellier de Lamples (1855-1917)
  • Baron Alphonse de Rothschild (1827-1905)
  • Philippe Lauzun (1847-1920) et sa femme Augustine Millié (1857-1921)
  • Antoine Calbet (1860-1944)
  • Cécile Ballu, veuve du sculpteur Jean-Antoine-Marie Idrac (1860-1922)
  • Jean-Baptiste Fourché ( ? -1922)
  • Le docteur Louis Brocq (1856-1928)
  • Charles-Jean Madrid (1856-1901)
  • Marguerite Brocq (1860-1941)
  • Monseigneur Roger Johan, évêque d’Agen de 1956 à 1976 (1902-1993)
  • Le docteur Esquirol (1908-1981)
  • Baronne Philippe de Montesquieu (1914-2000)
  • Camille Aboussouan (1919-2013)
  • Claude Lalanne (1925-2019)
  • François-Xavier Lalanne (1927-2008)
  • M. Maisani
  • Pierre Lèbe (1927-2008)
  • Joëlle Bernardeau Neudin
  • Jacques Sargos
  • Mme Roquet
  • Michel Descours
  • Famille de Boëry
  • Arimage
  • Ville de Castelculier
  • Ville de Mézin
  • Ville de Saint-Livrade
  • Ville de Saint-Maurin

La présentation des collections

La présentation des œuvres dans un musée s’accompagne d’une réflexion sur le parcours à construire pour leur donner un sens, qu’il soit chronologique ou thématique. Une scénographie spécifique participe à la mise en valeur des collections exposées. Parcours et scénographie constituent la « muséographie » d’un musée. La muséographie actuelle du musée des Beaux-Arts d’Agen est le fruit d’une constante réflexion et d’une perpétuelle évolution.

Histoires de musée #3, le musée en perpétuelle évolution

#AgenCultureEtVous - Découvrez l'évolution de la muséographie du musée des Beaux-Arts d'Agen.

Les dépôts

Le Conseil Général de Lot-et-Garonne s’est préoccupé très tôt du musée et a fait des acquisitions au profit de cet établissement pour éviter notamment que certaines œuvres ne quittent le territoire, comme le marbre antique connu sous le nom de la Vénus du Mas d’Agenais. Découvert en 1877 par le cultivateur Théodore Rousseau, près du Mas d’Agenais, il est acquis pour être déposé dans le nouveau musée. 

L’incendie de la Préfecture, survenu en 1904, a entraîné le transfert au musée de la collection des ducs d’Aiguillon, saisie en 1793 au château d’Aiguillon. Cet ensemble, composé d’une trentaine d’œuvres d’artistes français de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle, constitue désormais un des points d’orgue du parcours muséographique. 

L’Etat a, quant à lui, soutenu très tôt la création du musée par des envois dès 1854, puis plus régulièrement après l’ouverture au public de 1880, avec des œuvres acquises suite à leur exposition sur les cimaises des différents Salons, comme l’immense Après la victoire : Les Maures en Espagne de Georges Clairin (1885) ou le révolutionnaire Matinée de septembre, première toile d’Alfred Sisley achetée par l’Etat et envoyée à Agen en 1889. Chaque campagne de travaux opérée au musée a été l’occasion de compléter le fonds grâce à la collaboration des musées nationaux. Les œuvres appartiennent toujours aux musées dépositaires qui veillent à leur conservation et peuvent parfois demander leur retour, comme Le Plongeur de Gustave Caillebotte, remplacé par Falaises à Fécamp de Claude Monet. En 2009, le musée des Antiquités nationales a déposé des objets archéologiques celtes découverts dans les puits de l’oppidum de l’Ermitage, à Agen, et cédés à l’Etat grâce à l’opération juridique de la dation. Des échanges étroits avec le Service régional de l’archéologie de Nouvelle-Aquitaine promettent à court terme le dépôt de certaines pièces archéologiques découvertes sur le territoire de l’Agenais. La propriété d’un certain nombre de ces dépôts antérieurs au 7 octobre 1910 a été transférée à la ville d’Agen en 2013 dans le cadre de la loi musée de 2002.

Des collectivités participent aussi à cette politique, comme la ville de Boé (Lot-et-Garonne), qui a consenti à déposer en 2009 les 147 pièces de la tombe à char fouillée sur son territoire.

Le musée d’Agen mène en parallèle une politique de dépôts d’œuvres qui répondent aux collections des musées dépositaires :

  • Le Château-musée Henri IV, Nérac
  • Le Musée des Hussards, Tarbes
  • Le Musée de la Guerre de 1870, Loigny-la-Bataille
  • Le Muséum d’histoire naturelle, Bayonne (2010, dépôt de trois spécimens d’oiseaux)

Les acquisitions majeures

La Ville mène, avec le soutien de partenaires publics et privés, une politique d’acquisitions ciblées pour compléter les collections dans le cadre du projet scientifique et culturel et dont voici une sélection :

  • 1880 : Achat par la ville de la collection de 6000 items préhistoriques rassemblés par Jacques Ludomir Combes (1824-1892) à Fumel
  • 1924 : Achat par la Ville du Trésor de Castillonnès (Lot-et-Garonne)
  • 1976 : Achat en vente publique d’Elie précédant Achab vers Izréel pour annoncer la fin de la sécheresse de Jean-Baptiste Despax
  • 1977 :
    • Achat du Minotaure de François-Xavier Lalanne
    • Achat de la Nature morte aux branches d’abricots et de prunes de Pierre Dupuis
  • 1983-1985 : Achat par la ville d’Agen de 37 œuvres de Roger Bissière pour compléter le fonds existant du musée
  • 1993 : Achat de la Nature morte aux poissons de Pieter Van Noort
  • 2008 : Achat de Loth et ses filles et de Salomon adorant les idoles de Giovanni Battista Lama
  • 2010 :
    • Achat du Portrait d’une dame en bergère de Gilbert Soest
    • Achat du Plat aux dragons de la manufacture Jules Vieillard (Bordeaux)
  • 2011 : Achat du Portrait d’un buveur d’Alexis Grimou
  • 2016 : Achat de Paysage avec enfants jouant de Jean-Baptiste Leprince et de l’Autoportrait en peintre et du Portrait de Madame Blondel par Merry-Joseph Blondel
  • 2017 :
    • Achat de la Nature morte à la mésange, aux souris, aux noix, aux insectes et au vase de jasmins de Jean-Baptiste Oudry (mécénat d’Arimage)
    • Achat du Portrait-étude du duc d’Orléans de Joseph-Désiré Court
  • 2019 :
    • Achat d’une paire de bougeoirs de Jacques Charpantier (mécénat d’Arimage)
    • Achat du Portrait du duc d’Aiguillon de l’atelier de François-Hubert Drouais (mécénat d’Arimage)

Les conservateurs du musée

  • Stanislas Dombrowski (?), conservateur de 1880 à 1897
  • Pierre-Jules Mommeja (1854-1928), conservateur de 1898 à 1917
  • Charles Dufour, conservateur pour l’histoire naturelle à partir de 1910 ?
  • Louis Recours, conservateur à titre provisoire nommé en 1917
  • Ferdinand David (1861-1944), conservateur jusqu’en 1935
  • Jacques-André Allard (1885-1974)
  • Catherine Prades ( ?-1953), conservatrice de 1952 à 1953
  • Anne-Marie Labit-Esquirol (1906-2013), conservatrice de 1954 à 1992
  • Yannick Lintz, conservatrice de 1992 à 2000
  • Marie-Dominique Nivière, conservatrice de 2001 à 2017
  • Adrien Enfedaque, conservateur depuis 2017

Dernière mise à jour : 06 May 2021

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