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Les œuvres MNR

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses œuvres ont été récupérées en Allemagne puis renvoyées en France en raison de leur plausible appartenance à des collections françaises. Si la plupart d’entre elles ont pu être restituées à leurs propriétaires, d’autres ont été confiées aux musées nationaux et régionaux pour y être conservées. Sur le plan juridique, l’État français n’en est que le détenteur provisoire. Elles ne font donc pas partie à proprement parler des collections publiques des musées de France. Le sigle MNR – « Musées Nationaux Récupération » – réunit donc l’ensemble de ces œuvres (environ 2000).

Les œuvres MNR dans les collections du musée

En 1949, toutes les œuvres, qui n'avaient pas retrouvé leurs propriétaires ont été déclarées M.N.R. et ces objets ont été déposés dans les musées français dans l'attente de leur restitution (l'État étant dépositaire).

Le musée d’Agen est actuellement dépositaire de quatre œuvres M.N.R. choisies pour leur concordance avec la collection existante.

 

Anonyme, Italie, milieu du XVIIe siècle

Gibier et chasseurs

Huile sur toile 

Inv. : MNR 367

C’est une œuvre attribuée à un anonyme italien marquée par les traditions de la peinture napolitaine. Cette œuvre, une nature morte de chasse, offre une vision réaliste de la scène avec des contrastes lumineux où les parties claires sont rehaussées par des empâtements.

L’œuvre a été attribuée au musée du Louvre par l’Office des Biens et Intérêts Privés en 1950, avant son dépôt à Agen en 1957.

 

Bartholomeus Assteyn (1607-1669/1677)

Nature morte au panier de fruits

Huile sur cuivre, milieu du XVIIe siècle

Inv. : MNR 794

Dans cette nature morte aux fruits, les beaux effets de lumière sur le verre et le plat métallique tranchent vigoureusement avec le fond grisé.

Le peintre a utilisé un glacis, couche très fine de peinture, qui permet de conserver une étonnante transparence des tons. Il faut observer le bourdon posé sur la table, l’éclat de ses ailes et de son corps évoque un bijou précieux. Cette gamme de nuances chromatiques s’explique par le matériau qui constitue le support de l’œuvre : une plaque de cuivre lisse qui transmet différemment les tonalités et procure au tableau une brillance « métallique ».

L’œuvre a été attribuée au musée du Louvre par l’Office des Biens et Intérêts Privés en 1951 et déposée à Agen en 1977.

 

Egbert van der Poel (1621-1664)

Incendie d’une maison

Huile sur bois, milieu du XVIIe siècle

Inv. : MNR 733

Cet incendie nocturne est une œuvre typique du réalisme « rustique » de cet artiste. C’est un sujet qu’il a peint à de nombreuses reprises, peut-être parce qu’il fut lui-même témoin d’un événement marquant : l'explosion de la poudrière de Delft, le 12 octobre 1654. Le peintre représente ici dans un clair-obscur dramatique l’incendie d’une maison paysanne et une foule de personnages tentant d’éteindre le feu.

L’œuvre a été saisie par la Möbel-Aktion-Bilder (MA-B n° 301), puis attribuée au musée du Louvre par l’Office des Biens et Intérêts Privés en 1951, avant son dépôt à Agen en 1977.

 

Claude Monet

Falaise de Fécamp

Huile sur toile, 1897

Inv. : MNR 223

Dans cette série des "Falaises de Fécamp", à partir d'un point de vue unique au-dessus des falaises, Monet cherche à capter les moindres variations lumineuses du ciel et de l'eau. Les touches rapides et enlevées décomposent les couleurs pour mieux les faire vibrer, les formes se dissolvent sous l'effet de la lumière. Ces effets pour capter les vibrations du climat, par définition fugaces, sont accentués par la composition moderne inspirée par les cadrages photographiques.

L’œuvre a été attribuée au musée du Louvre par l’Office des Biens et Intérêts Privés en 1950.

Elle est déposée à Agen en 2015 par le musée d’Orsay. 

 

Œuvre restituée

Gaspare Diziani (1689-1767)

Esquisse de plafond

Huile sur toile, XVIIIe siècle

Inv. : MNR 368

Ce petit tableau, une esquisse pour un plafond, a longtemps reçu comme titre "Allégorie de Venise" ou encore "Allégorie en faveur d'un doge". Néanmoins, les personnages, très rapidement brossés,  sont aujourd’hui difficilement identifiables en l'absence d'attributs précis et lisibles.

Retenue par les Commissions de Choix, cette esquisse fut attribuée au musée du Louvre par l’Office des Biens et Intérêts Privés, en 1950, puis déposée à Agen en 1977. Elle a été restituée aux ayants droit d’un collectionneur viennois, M. Richard Neumann, en 2013.

Quelles sont les spécificités de conservation des œuvres MNR ?

  •  Ces œuvres doivent être accessibles au public, ce qui exclut de les conserver trop longuement en réserve.
  • Le cartel, les catalogues, les guides ou tout autre support les désignant doivent spécifier : le numéro d’inventaire comportant le préfixe MNR / une mention spéciale indiquant leur provenance pour faciliter leur identification ; actuellement : « attribué par l’Office des Biens et Intérêts Privés » (cette mention d’ordre administratif fait référence à l’institution qui a géré ces biens après la guerre).
  • Ces œuvres ne doivent jamais sortir du territoire et donc ne jamais être prêtées dans le cadre d’une exposition à l’étranger.

Que faire pour présenter une requête sur une œuvre MNR ?

Toute demande doit être adressée à la Direction générale des Patrimoines, Service des musées de France (6 rue des Pyramides - 75001 Paris).
Cette demande doit comporter :

  1. Les documents attestant la propriété sur une œuvre (inventaire, police d’assurance, photographie ancienne d’un intérieur, publication ancienne…).
  2. Les documents établissant un lien généalogique entre le demandeur et la personne spoliée ou bien tout document établissant les droits du demandeur sur le patrimoine spolié revendiqué. 

Dernière mise à jour : 29 December 2020

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