La naissance du pont Canal d'Agen

Retour sur De l’ouvrage d’art à l’œuvre d’art, la naissance du pont Canal d’Agen, une exposition qui s’est tenue du 15 septembre au 15 décembre 2017 au musée des Beaux-Arts d’Agen (Salle des faïences).

De l’ouvrage d’art à l’œuvre d’art, la naissance du pont Canal d’Agen

L’exposition de 2017 a regroupé pour la première fois autour du grand tableau de Joseph-Désiré Court, S.A.R. Mgr le duc d'Orléans posant la première pierre du pont-canal d'Agen (1844), divers témoignages de la construction du pont-canal. Des dessins en provenance des Archives des Canaux du Midi (VNF) ont pu attester de l’importance du chantier et des travaux.

« Le canal latéral à la Garonne prend son eau dans le fleuve à Toulouse et la lui restitue à Castets-en-Dorthe, après un parcours de 193 km (ligne principale). Prolongement tardif du canal du Midi (XVIIe siècle), ses travaux commencés fin 1838, sous la direction des ingénieurs des ponts et chaussées Jean-Baptiste de Baudre et Jean-Gratien Job, s’achèvent en 1856.

Sites d’écluses, ponts-canaux, aqueducs, bornes kilométriques, ponts routiers et, plus tard, ponts ferroviaires jalonnent son parcours. L’ouvrage le plus emblématique, le pont-canal d’Agen, lui permet de franchir la Garonne de la rive droite à la rive gauche. Erigé en pierre de taille entre 1839 et 1847, il est le plus long pont-canal maçonné de France (579 m). Ses 23 arches en anse de panier prennent appui sur deux culées et 22 piles.

L’imposant ouvrage a donné lieu à une cérémonie pour la pose de la première pierre, le 25 août 1839 par le duc d’Orléans, fils de Louis-Philippe et prince héritier du trône. L’événement se déroula au bord de la Garonne, au pied de la huitième pile depuis la rive droite. Là fut scellé un coffret renfermant pièces de monnaie et médailles.

La peinture agenaise de Court, qui immortalise la scène, est datée de 1844 et fut attribuée par l’État à la préfecture d’Agen. Exposée au musée municipal de 1880 à 1954, elle regagna la préfecture où elle a été accrochée dans le Salon vert. À l’origine, l’œuvre était de format vertical. Malheureusement diminuée en hauteur après 1954, elle est désormais réduite à une galerie de portraits, à quelques anonymes et à l’escalier montant au pavillon royal qui figurait dans la composition d’origine.

Au tout premier plan, l’eau d’une Garonne paisible coule au pied des notables. Sur la gauche, deux maçons prêts à intervenir pour le scellement tournent leur regard vers le prince héritier. Autour de lui prennent place les personnalités, identifiables grâce à leurs costumes d’apparat et à un dessin à la plume annoté conservé au musée d’Agen. Parmi elles figure Jean-Baptiste de Baudre représentant Victor Legrand, le sous-secrétaire d’Etat aux Travaux publics, mais qui est avant tout le concepteur du canal.

L’événement fastueusement célébré montre que les hommes de l’époque avaient conscience qu’ils réalisaient là un ouvrage d’art majeur. Par son grand tableau commémoratif, Joseph-Désiré Court en assurait la postérité, rendant indissociables l’ouvrage de l’œuvre d’art. », Françoise Zannese, service du patrimoine et de l’Inventaire, région Nouvelle-Aquitaine.

Dernière mise à jour : 06 mai 2021

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