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Etude de figure drapée
©Alban Gilbert
Etude de figure drapée
©Alban Gilbert
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Etude de figure drapée

Pietro Vannucci dit Le Pérugin (Città della Pieve 1450-Fontignano 1523), atelier de

Le musée des Beaux-Arts d’Agen conserve, grâce à un legs du Dr Esquirol (maire d’Agen de 1971 à 1981), ce délicat dessin rapproché de l’atelier de Pietro Vannucci, dit le Pérugin (1540-1523). L’étude de figure drapée comporte la mention « coll. Vigier », probablement du nom d’un collectionneur à qui a appartenu le dessin auparavant. Outre la possible attribution au maître italien, la qualité d’exécution de ce dessin en fait l’un des joyaux de la collection d’arts graphiques du musée.

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste Pietro Vannucci dit Le Pérugin (Città della Pieve 1450-Fontignano 1523), atelier de
Titre Etude de figure drapée
Date Fin XVe-début XVIe siècle
Domaine Arts graphiques
Technique Plume et encre brune
Dimensions H. 0.21 m - L. 0.1 m -
Numéro d'inventaire 81.1.10
Sujet / Thème Dessin, figure drapée, saint

Le rôle du dessin dans la préparation d’une œuvre

Déjà au Moyen-Âge, bien que les exemples de cette époque qui nous sont parvenus demeurent rares, les artistes faisaient plusieurs dessins préparatoires avant d’entamer l’exécution d’une œuvre. Les dessins peuvent se concentrer sur une seule figure et varier les chevelures, les vêtements et les attitudes. D’autres études cherchent à définir la composition, ce qui explique pourquoi certaines esquisses diffèrent parfois de l’œuvre finale. Le dessin d’Agen représente la figure d’un jeune homme aux cheveux longs et aux traits délicats, vu de face et légèrement déhanché. Sa main droite est ramenée vers la poitrine tandis que le bras gauche est le long du corps. Le drapé constitue le véritable enjeu de cette étude. Le manteau tombe en de nombreux plis sinueux. Le carcatère très classicisant du vêtement démontre que l’artiste a étudié l’antique. L’ensemble du dessin, tracé à la plume, a un aspect très élaboré. Les contours sont nets et les fines hachures confèrent du relief et de la profondeur, en soulignant notamment l’ombre dans les plis du vêtement.

Une attribution prestigieuse

Entré dans les collections du musée d’Agen comme dessin anonyme figurant saint Jean l’Evangéliste, l’œuvre a depuis été attribuée par Catherine Monbeig-Goguel à l’atelier du Pérugin. Ce dernier fut l’un des peintres les plus novateurs de la Renaissance et influença de nombreux artistes, notamment son illustre élève, Raphaël (1483-1520). Pour concevoir une œuvre, Pérugin commençait par des dessins d’ensemble avant de s’attarder sur l’étude de figures individuelles et de détails. La manière dont les plis du vêtement s’arrondissent aux extrêmités se retrouve sur le drapé d’un saint sur un trône conservé à Berlin (vers 1480-1500, Kupferstichkabinett, inv. KdZ 5070) et d’une allégorie de la Justice à Chantilly (musée Condé, inv. DE 38) donnés au Pérugin. La ressemblance du dessin d’Agen avec une jeune femme drapée (Florence, musée des Offices, inv. 339 E r.) dessinée par le peintre ombrien est encore plus concluante. Toutes deux tracées à l’encre brune, les poses des deux figures se ressemblent de la tête jusqu’aux mains. Seule diffère la partie inférieure du corps de la jeune femme qui s’appuie sur sa jambe opposée. Le vêtement qu’elle porte rappelle également celui du jeune homme, même si des détails varient comme l’absence de replis du mateau sur le bras gauche et la chute différente des pans du vêtement. La partie droite du visage de la figure agenaise est ombrée par de fines hachures alors que l’ombre porte sur le côté gauche de la face de la figure italienne. Sur cette dernière, les hachures sont parallèles alors que certaines se croisent sur le jeune homme. Le dessin des Offices est tracé d’une main plus libre. L’aspect très précis des contours de la feuille d’Agen pourrait indiquer qu’il s’agit de la copie par un élève d’un dessin de son maître. Dans le domaine du dessin, l’attributionisme est un exercice complexe, d’autant qu’il est difficile de distinguer les mains de différents artistes, en particulier lorsqu’ils ont collaboré au sein du même atelier. Pour autant, cette étude est indéniablement l’œuvre d’un grand maître.

Provenance

Collection Vigier (?) ; legs du Docteur Esquirol au musée des Beaux-Arts, Agen, 23 juin 1981

 

Elodie Russu

Dernière mise à jour : 02 Nov 2020

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