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S.A.R. Mgr le duc d’Orléans posant la première pierre du pont-canal d’Agen
©Alban Gilbert
S.A.R. Mgr le duc d’Orléans posant la première pierre du pont-canal d’Agen
©Alban Gilbert
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S.A.R. Mgr le duc d’Orléans posant la première pierre du pont-canal d’Agen

JOSEPH-DÉSIRÉ COURT (Rouen, 1797-Paris, 1865)

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste JOSEPH-DÉSIRÉ COURT (Rouen, 1797-Paris, 1865)
Titre S.A.R. Mgr le duc d’Orléans posant la première pierre du pont-canal d’Agen
Date 1844
Domaine Peinture
Technique Huile sur toile
Dimensions H. 2.76 m - L. 3.05 m -
Numéro d'inventaire D.848.1.2
Sujet / Thème Pont Canal, inauguration, duc d’Orléans, Monarchie de Juillet

Un tableau d’actualité pour la postérité

Ce fut à l’occasion d’un départ pour l’Algérie, où sa carrière militaire l’amena à plusieurs reprises, que Ferdinand-Philippe (1810-1842), duc d’Orléans et fils aîné du roi Louis-Philippe, fit une tournée dans le Sud-Ouest de la France en 1839. Le 25 août, il inaugura ainsi le chantier du pont-canal d’Agen sur suggestion du ministre des Travaux publics.

A l’initiative du député de Lot-et-Garonne Pierre-Sylvain Dumon, commande fut passée par l’État, dès l’année suivante, d’une toile de grand format afin d’immortaliser l’événement mais aussi d’illustrer le principe d’hérédité de la monarchie constitutionnelle. Une somme de 6 000 francs fut allouée en vertu d’un arrêté ministériel du 15 janvier 1840 chargeant Eugène Roger (1807-1840), jeune artiste prometteur, d’exécuter cet ouvrage pour être placé dans l’hôtel de préfecture du département.

Impossible de savoir le point auquel le peintre était arrivé de son travail au moment de sa mort prématurée le 30 juillet 1840. Toujours est-il que la commande échut, le 10 août, à son confrère Joseph-Désiré Court.

Jusqu’au mois de novembre suivant, Court brossa l’esquisse générale ainsi qu’une dizaine de « portraits-études », en prévision de leur intégration, dans un second temps, à la composition finale. Ceux du duc d’Orléans (inv. 2017.2.1) et du comte de Raymond (inv. 91.1.3), conservés au musée des Beaux-Arts d’Agen, sont reconnaissables dans l’imposant portrait collectif, aujourd’hui amputé dans sa partie supérieure (4,60 x 3,20 m à l’origine) : à l’arrière-plan, seul demeure ainsi visible l’escalier qui montait jadis au pavillon royal, flanqué de part et d’autre de tribunes pour les invités.

Un précieux projet de cartel avec silhouettes, destiné à être reproduit pour accompagner le tableau, nous permet d’identifier les principaux participants à la scène : politiques, préfet, magistrats, fonctionnaires, hommes de l’art sont alignés en frise autour de la figure tutélaire de l’infortuné héritier du trône, décédé accidentellement depuis déjà deux ans lors de la livraison de l’œuvre en 1844. Exposée au Salon la même année, elle y reçut un accueil plus que mitigé.

Pour Thoré, « on ne saurait imaginer un plus ridicule tableau » , tandis que Challamel le qualifie d’ « un de ces ouvrages qui se mesurent par la grandeur plutôt que par la valeur d’exécution » . « Le sujet, par malheur, a été conçu très vulgairement »  ajoute Laverdant, de concert avec la presse allemande : « le duc d’Orléans est […] avec une tournure assez peu distinguée, tenant à la main une truelle de maçon […]. Le conseil municipal, avec ses insignifiants uniformes et ses physionomies grotesques de bons bourgeois, se tient roide à l’entour, et paraît plus occupé de son importance d’occasion que de ce qui se passe » .

Un artiste incontournable de la Monarchie de Juillet

Court fut, de la Restauration jusqu’au Second Empire, l’un des peintres les plus en vue au Salon de Paris pour ses tableaux d’histoire, ses portraits et ses scènes de genre. D’origine rouennaise, il fut l’élève d’Antoine-Jean Gros (1771-1835). Lauréat du Prix de Rome en 1821, il a parfait son apprentissage artistique en Italie jusqu’en 1827, année de l’envoi en France de sa Mort de César , chef-d’œuvre qui lui valut, à trente ans, une réputation justement méritée de peintre d’histoire.

Auréolé de ce succès, en pleine émergence du mouvement romantique, l’artiste reçut son lot de commandes officielles. La fortune critique l’éloigna cependant de la peinture d’histoire qui lui fit connaître plus tard des revers cuisants, à l’instar du tableau d’Agen. Il approfondit alors sa pratique de la scène de genre mais surtout du portrait, genre dans lequel il s’illustra brillamment.

Partageant l’essentiel de ses activités entre Paris et la Normandie, Court voyagea également à travers l’Europe peignant, jusqu’en Russie, les célébrités de son temps. A un œuvre prolifique vint s’ajouter, à partir de 1853, la charge de conservateur qu’il occupa, jusqu’à sa mort, au musée de Rouen. Il avait avant cela renoué avec le grand genre : ultime tentative, son Martyre de sainte Agnès, exposé au Salon de 1865, fut perçu comme une étonnante composition, aussi monumentale que démodée.

Provenance

Commandé par la direction des Beaux-Arts du ministère de l’Intérieur, sur l’initiative de Pierre-Sylvain Dumon, député du Lot-et-Garonne ; commande attribuée pour 6 000 francs au peintre Eugène Roger le 15 janvier 1840, puis réattribuée à Joseph-Désiré Court le 10 août 1840 suite au décès du précédent ; exposé au Salon à Paris, 1844 ; dépôt à l’hôtel de la préfecture du Lot-et-Garonne, Agen, 1844 ; dépôt au musée des Beaux-Arts d’Agen, 1876 ; dépôt à la préfecture de Lot-et-Garonne, Agen, 1954 ; dépôt au musée des Beaux-Arts d’Agen, 2018 (inv. 1 P).

Sitographie

Site du patrimoine et inventaire d’Aquitaine

[Œuvre déposée par le Centre national des arts plastiques, actuellement en restauration]

Jean-Loup Leguay, historien de l'art

Localisation

1er étage

Dernière mise à jour : 23 Nov 2020

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