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Vénus du Mas d'Agenais
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
Vénus du Mas d'Agenais
©Musée des Beaux-Arts d'Agen
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Vénus du Mas d'Agenais

ANONYME

En 1876, au moment même où le musée d’Agen est fondé par la Société Académique, Théodore Rousseau découvre cette statue de Vénus alors qu’il creuse son champ pour planter un arbre au Mas d’Agenais (Lot-et-Garonne), dans le lieu-dit du Brégnet. Sont aussi retrouvés, un mur, des tesselles et des tuiles, matériel archéologique non catalogué qui laisse cependant supposer que ces objets, de même que la Vénus, ornaient autrefois une riche villa gallo-romaine située dans un quartier résidentiel.

Détails

Fiche technique de l'oeuvre
Artiste ANONYME
Titre Vénus du Mas d'Agenais
Date Ier-IIe siècle après J.-C.
Domaine Sculpture
Technique Taille, marbre
Dimensions H. 1.01 m - L. 0.32 m -
Numéro d'inventaire D.877.1.1
Sujet / Thème Grèce, Vénus

Une découverte exceptionnelle en Agenais

Des recherches effectuées suite à cette découverte ont permis de retrouver l’avant-bras manquant à la même Vénus ainsi qu’un fragment de tête et une calotte crânienne féminines dont on ne peut affirmer avec certitude l’appartenance à la statue. Acquise par le Conseil Général du Lot-et-Garonne en 1878 pour la somme de 4000 francs, la statue, que l’on date aujourd’hui au Ier ou au IIe siècle, sera ensuite déposée au musée d’Agen. Ce corps de Vénus, sculpté dans un beau marbre de Carrare ou de Göktepe en Turquie (analyses à venir), appartient sans doute à la série des Vénus dites « pudiques » : à demi dévêtue, la déesse porte toutefois un manteau appelé himation, que seul le coude gauche retient. Les plis fluides et « mouillés » de l’étoffe, à l’extrémité de laquelle on note la présence d’un tenon, révèlent cependant plus qu'ils ne cachent la nudité du corps sensuel de la déesse de l'amour et de la beauté. Traité en grande masse à l’arrière, le manteau laisse supposer que la Vénus était autrefois exposée dans une niche. L'élégance de la pose avec la jambe droite légèrement fléchie et les épaules inclinées à l'inverse du bassin (contrapposto) donnent une ligne sinueuse au corps.

Des œuvres de comparaison et des questions sans réponse

La Vénus du Mas a été comparée avec la Vénus d’Arles qui, comme elle est à demi dévêtue, ou encore avec la Vénus de Milo. Conservées au musée du Louvre, ces statues ont toutefois les deux jambes entièrement couvertes d’un himation. L’agencement du vêtement de la Vénus d’Agen serait davantage comparable aux exemplaires du musée du Vatican, de la villa Doria Pamphili et du musée archéologique d’Istanbul bien que la figure d’Eros n’apparaisse pas à ses côtés. C’est en fait la statuette en marbre d’Aphrodite découverte à l’entrée de l’agora d’Athènes qui s’approche le plus de la Vénus du musée d’Agen. Le travail du marbre, le traitement du nombril, le modelé de la jambe gauche suggèrent que la Vénus du Mas aurait été sculptée au Ie siècle, probablement d’après un original grec de l’époque héllénistique (IIIe-Ie siècle). Une étude plus poussée du raccord possible entre la tête et le corps est à venir. L’analyse du marbre de la statue pourrait en outre permettre de comprendre si la Vénus du musée d’Agen est une production locale ou une importation en provenance d’Italie.

Provenance

Découverte dans le lieu-dit du Brégnet, au Mas d’Agenais (Lot-et-Garonne), 1876 ; acquisition par le Conseil général du Lot-et-Garonne, 1877 ; dépôt du Conseil général du Lot-et-Garonne au musée des Beaux-Arts d’Agen, août 1878

Expositions

Carthage, l'histoire, sa trace et son écho, Paris, Musée du Petit Palais, 9 mars-2 juillet 1995, p. 231

Localisation

Rez-de-chaussée

Dernière mise à jour : 04 Dec 2020

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